Le Matari'i i ni'a célébré à Pirae

En partenariat avec l’association Vaiaa Nui présidée par Mareta Lin, la commune de Pirae a célébré pour la première fois le Matari’i i ni’a qui correspond au lever des pléiades dans le monde traditionnel polynésien marquant l’ouverture de la période d’abondance.

Cette célébration s’est organisée en deux temps le vendredi 23 novembre 2012 à l’Hôtel de ville. Redonner un sens au Matari’i i ni’a tel était l’objectif de cette manifestation. Pour cela, les étudiants étaient invités en matinée pour renouer avec des connaissances ancestrales liées à un calendrier qui permettait aux anciens polynésiens de vivre en harmonie avec le rythme des saisons. La population de Pirae quant à elle était appelée à participer à la soirée pour une cérémonie culturelle animée par les quartiers et la mairie.

Réappropriation du patrimoine polynésien

Dans la matinée, ce sont plus de 200 étudiants venant des lycées de Taaone et Saint Joseph qui ont assisté aux ateliers animés par l’association Haururu de Papenoo. Répartis en cinq ateliers de 30 minutes sur les thèmes des constellations, des ressources de la mer et de la terre, de la navigation, du chant traditionnel et de la cérémonie du ‘ava, les étudiants découvraient les notions d’environnement durable qu’appliquaient déjà leurs ancêtres polynésiens en respectant le cycle de la nature.

Quelques impressions sur la matinée

Teraitea, Lycée de Taaone, Terminale SIN, 17 ans :

« J’ai aimé la journée et j’ai trouvé l’atelier des ressources de la Terre et de la Mer très intéressant. Il y a eu une bonne explication sur les bienfaits de la terre et de la mer. Il explique bien donc on comprend mieux. Les descriptions nous aident aussi à comprendre. C’est que du positif. »

 

Lucia Hikutini, Lycée de Taaone, Terminale STSS1, 20 ans :

« On a appris beaucoup de choses aujourd’hui comme le respect de l’environnement, les constellations. Ce que j’ai apprécié c’est le fait de savoir ce qui se passe, de mieux comprendre maintenant. C’est enrichissant car ce sont des choses que je ne connaissais pas. C’est important pour moi d’en apprendre à ce sujet. »

 

Vehiatua Reid, Lycée Saint Joseph, 1ère CPT2, 17 ans :

« Le ‘ava a un goût de terre. Je n’ai pas particulièrement apprécié mais le fait d’avoir essayé pour la première fois me plaît beaucoup et je ne suis pas déçu de l’acte juste du goût. Avant de boire j’ai pensé à mes parents car on nous a expliqué qu’avant de le faire il fallait penser très fort à quelqu’un et donc mes pensées sont allées pour mes parents. Si c’était à refaire je le referais pour le faire goûter aux autres aussi. »

 

Herenui Cary, Lycée Saint Joseph, 1ère CPT2, 18 ans :

«  J’ai goûté au ‘ava et c’était désagréable dans le sens où je pense qu’il faut le boire sans le regarder car en regardant on doute de la couleur et du mélange, on s’attend déjà à boire un truc semblable à de la boue et donc on le boit doucement et ce qui fait que les papilles gustatives sont touchées. Il faut le boire d’un coup et très rapidement. C’est la première fois pour moi. Sinon j’ai aimé la journée, on a appris beaucoup de choses sur notre culture. »

 

Richard Deane, Professeur de langues polynésiennes, Lycée de Taaone :

« Nous sommes présents aujourd’hui car nous avons un projet pédagogique qui est le développement de tout ce qui concerne le patrimoine linguistique et culturel et nous avons saisi l’occasion du Matari’i i ni’a pour approfondir nos connaissances, et de plus nous avons la semaine du patrimoine du 03 décembre au 07 décembre 2012. Je trouve que c’est une journée réussie, c’est très bien organisé et les ateliers sont très bien répartis. Dans chaque atelier, on parle de notre culture traditionnelle mais aussi il y a une part de culture générale. Les élèves ont beaucoup apprécié les explications structurées, c’était très instructif car les ateliers sont très diversifiés. Je pense que l’on aurait dû faire appel à d’autres élèves, d’autres personnes au vu de la qualité des présentations. On aurait même dû exiger les gens à venir. »

Un moment culturel fort partagé en soirée

Le Matari’i correspond à un cycle : Matari’i i ni’a débute le 20 novembre et se termine le 20 mai, c’est le lever des pleïades, appelée « Te Tau Ahune » que l’on associe à la période d’abondance de la nature. La période du 20 mai au 20 novembre faisait place à un cycle appelé « Te Tau o te ‘Oe », c’était alors le matari’i i raro une période où le polynésien s’adaptait à la saison et au changement du milieu naturel pour planter, pêcher ou encore trouver de la nourriture.

Pour donner du sens au Matari’i, la commune de Pirae organisait une cérémonie pour fêter avec la population l’ouverture du « Tau Ahune ». De magnifiques prestations de chants, de danses et de orero se sont succédées lors de la soirée. Cinq groupes ont participé au spectacle : Pare nui, Pare Arii, Hitikau, Quartier Perry et Nahoata. Les festivités ont débuté par un rahiri c’est-à-dire l’invitation à entrer et l’appel des groupes par le Maire de Pirae, suivi d’un orero d’Emeraude Jamet, lauréate 2011 du meilleure orero des écoles de Pirae.

Le groupe des agents de la commune, Pare Nui, a également interprété l’hymne de Pirae, le « Himene ai’a » et refermé leur prestation avec quelques « aparima » sur les airs de chansons anciennes de Pirae.

La soirée était un moment culturel fort partagé avec un public venu nombreux qui aura marqué cette première édition du Matari’i i ni’a i Pirae. Rendez-vous en mai 2013 pour la cérémonie du Matari’i i raro dans les jardins de la mairie.