
Ce mercredi 24 octobre 2012, le maire de la Commune de Pirae, Béatrice Vernaudon et son Conseil municipal accueillaient de nombreuses personnalités de l’Etat et du Pays ainsi que des partenaires sociaux et associatifs à l’occasion de la première séance plénière qui installait officiellement le Conseil local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance de Pirae (CLSPD). Parmi leurs invités, le Haut-Commissaire et le Procureur de la République, Jean Pierre Laflaquière et José Thorel.
Fortement soutenu par l’Etat, ce dispositif a été rendu obligatoire pour les communes de plus de 10 000 habitants[1]. Il place le Maire et donc la Commune comme le pilote du dispositif, impliquant les institutions chargées de la sécurité publique dans le partage des données.
En matière de sécurité, le territoire de Pirae a connu un transfert de compétence gendarmerie/police nationale survenu en juillet 2010. Un Diagnostic Local de Sécurité (DLS) faisant l’état des lieux de la délinquance au sens large et de manière qualitative a permis à la commune d’établir un tableau de bord stratégique .
La sécurité a toujours é
té une priorité à Pirae. En 2011, le taux global de criminalité de la Ville de Pirae s’établit à 47,81 pour 1000 habitants soit 710 crimes et délits en 2011 à Pirae (pour 50,1% en Polynésie française en 2011, et 57,3% sur l’ensemble de la Fance). Pirae est donc en dessous des résultats de la Polynésie française et des résultats métropolitains et que les problèmes de sécurité sont moindres.
Ces crimes et délits représentent seulement 1/5è des interventions sur la commune de Pirae. La majorité des problèmes sont liés aux incivilités (39% des interventions) et aux atteintes aux personnes (36%) pour ce qui concernent les conflits de voisinage ou de famille.
Ces éléments confirment que la délinquance à Pirae est essentiellement liée à l’incivilité, aux nuisances sociales, aux conflits de personnes soit une délinquance pour laquelle n’existe pas ou peu de réponses pénales et qui appelle des réponses préventives.
Face à ce constat et à l’actuel contexte économique et social difficile auquel le pays est aujourd’hui confronté, la commune s’efforce de mettre en place une politique de prévention de la délinquance au plus près de sa population et des publics prioritaires.
Avant de formaliser son Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la délinquance (CLSPD), la commune de Pirae initiait de nombreuses actions dans le cadre de la prévention de la délinquance.
Ces actions se traduisent essentiellement par le biais de son département de la police municipale (opération coup de poing en collaboration avec la DSP à la cité scolaire, médiation à Naohata avec les associations de lutte contre les nuisances sonores…) ainsi qu’aux travers des opérations menées par les services communaux qui œuvrent à la politique de cohésion sociale de la ville avec la participation du Contrat Urbain de Cohésion Sociale.
Les quelques exemples d’actions en matière de prévention de la délinquance concernent la construction d’équipements structurants dans les quartiers, l’organisation d’activités sportives (tournois inter quartiers de volley ball), ainsi que les opérations éducatives menées en partenariat avec les centres de vacances de Pirae…
Toutes ces actions
ne semblaient cependant pas suffisantes et nécessitaient surtout un cadre structurant pour mieux coordonner les partenariats. Le séminaire sur la politique de la ville à Pirae, tenu en mars 2011, a confirmé la nécessité de prolonger d’une part ces actions, et de les structurer, d’autre part.
L’installation officielle du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance de Pirae (CLSPD), basée sur une véritable concertation avec les différents partenaires, est alors devenue une évidence. C’est ainsi que la commune a fait le choix de s’orienter vers sa mise en place en adoptant sa création au Conseil municipal du 27 juin 2012.
Le CLSPD de Pirae se veut être un outil qui permettrait d’améliorer la communication et le partenariat de toutes les instances concernées pour prévenir une délinquance en augmentation mais aussi et surtout l’apparition d’incivilité l’accompagnant.
Pirae est ainsi la 3è commune polynésienne qui installe officiellement son CLSPD aujourd’hui après les Communes de Taiarapu Est et Mahina.
[1] Il a été créé par le décret du 17 juillet 2002 Le décret du 23 juillet 2007 (art.2211-3 du CGCT) et consacre par l’article 1 de la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance qui le rend obligatoire «dans les communes de plus de 10000 habitants et dans celles comprenant une zone urbaine sensible » Dans les intercommunalités, cette instance prend la forme d’un Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CISPD). Un décret d’application du 23 juillet 2007 fixe les compétences et la composition du CLSPD.
