Yvette Lichtlé : Un parcours riche d'engagements, distinguée Poerava de l'UFFO 2022

A l’occasion de la 7ème édition de la Journée « VAHINE TU AS DES TALENTS » organisée par l’association Union des Femmes Francophones d’Océanie (UFFO) présidée par Mme Irmine Tehei, nous nous sommes particulièrement intéressés à la distinction des « Poerava de l’UFFO 2022 », 8 femmes inspirantes choisies pour leur parcours et leurs engagements.
Parmi les 8 parcours de femmes inspirante distignuées pour cette 4e cérémonie des Poerava de l’UFFO, Mme Yvette LICHTLE née BOHL, une femme qui nous tient particulièrement à cœur que nous souhaitions honorer à notre manière et présenter son portrait dressé à cette occasion. Yvette a consacré 37 années de sa vie à l’éducation, tout d’abord comme institutrice et directrice de l’École Tuterai Tane puis, elle exercera 20 années en tant qu’élue à Pirae.
En son absence, c’est une de ses filles, Laura et sa belle sœur, qui auront représenté Madame Yvette pour recevoir son collier de Poerava.
Président, Tavana Edouard Fritch, particulièrement attaché à Madame Yvette avec qui il a partagé ces 20 années de parcours d’élue de Pirae, félicite ce parcours exemplaire au service de la population et son engagement sans faille pour toutes les causes qu’elle a porté durant ses divers mandats. Il salue notamment son courage et sa dévotion pour l’éducation de nos jeunes polynésiens.

L’ensemble des élus et le personnel communal tenaient à lui présenter leur estime et admiration. Mauru’uru Tavana Yvette pour tes enseignements et bonne retraite méritée !

Yvette Lichtlé

La vie d’Yvette Lichtlé née Bohl a été riche d’engagements partagés entre l’enseignement auquel elle a consacré 37 années, ses fonctions d’élue communale et son implication en faveur de la place faite aux femmes.

Sa grand-mère maternelle Tararaina Orbeck l’emmène avec elle à Makemo pendant sa petite enfance. Puis son oncle et sa tante à Arue lui inculqueront des valeurs strictes qui marqueront sa personnalité : respect, travail, courage, persévérance, sens des responsabilités.

Dès 16 ans Yvette devient institutrice. Puis elle part à Ua Huka, île d’origine de la famille de son époux, Jean-Claude Lichtlé où elle sera directrice d’école. Après l’école maternelle Tamanui, elle restera 24 années à la direction de l’école maternelle d’application Tuterai Tane de Pirae. Autant dire qu’elle aura marqué toutes les familles de cette zone de Pirae – Tenaho, Nahoata, Teauna, Tuterai Tane – familles qu’il était essentiel d’accompagner, écouter, orienter, encourager pour donner toutes les chances de réussite à leurs enfants.

Outre son activité professionnelle et la charge d’éducation de ses quatre enfants, Yvette s’est toujours intéressée au social et à la condition des femmes, intégrant le Groupement de solidarité des femmes de Tahiti et le club Soroptimist. De 1994 à 1999 elle est désignée par l’État, Déléguée aux droits des femmes.

Gaston Flosse, Maire de Pirae lui propose avec trois autres femmes d’intégrer le conseil municipal pour anticiper la loi sur la parité. Elle sera élue municipale de Pirae pendant 20 ans de 2000 à 2020 et exercera les fonctions de deuxième puis premier adjoint plusieurs années, remplaçant en réalité le maire au quotidien. Cet engagement si passionnant soit-il, lui demanda beaucoup de disponibilité et d’abnégation au détriment de sa famille et notamment de son époux qui, à la retraite, aurait certainement souhaité l’avoir plus souvent à ses côtés ! Depuis 2020, Yvette peut enfin penser à elle et à sa famille notamment à ses cinq mootua et se rend régulièrement aux Marquises où elle a une partie de son cœur.

Quand on demande à Yvette ce qui aura été son moteur durant ces longues années d’engagement et de dévouement, elle répond que des personnes l’ont marquée comme sa grand-mère, son oncle et sa tante qui l’ont élevée, Rosa Raoulx, cheffesse d’Arue. Celle-ci avait fait construire un Fare potee où les femmes venaient travailler : broderie, couture, artisanat…. la grand-mère d’Yvette était, parmi toutes ces femmes, une experte du tifaifai.

Yvette exprime sa reconnaissance envers Jeannine Dupont qui initia avec les écoles un partenariat pour la prévention routière et la marraina pour entrer au club Soroptimist. Elle évoque aussi Mamie Tuianu Legayic qu’elle fréquenta par l’intermédiaire de ses enfants eux aussi enseignants. Son autorité, sa bienveillance et ses engagements communaux, territoriaux ou à l’égard des femmes ne pouvaient laisser personne indifférent.

De toutes ces années Yvette retient combien le rôle des familles dans l’éducation et la transmission des valeurs est primordial. Les institutions doivent soutenir les familles mais c’est pour qu’elles jouent leur rôle irremplaçable pour les générations à venir, pour que la Polynésie reste une terre fraternelle et solidaire pour chacun. À ce propos elle souhaiterait que le gouvernement mette en œuvre une politique de la famille selon les orientations déjà adoptées il y a quelques années à l’Assemblée.

Yvette est une femme sympathique, intègre, ouverte à tous, toujours souriante, dévouée, sur qui on peut compter et que l’UFFO est heureuse de compter parmi ses Poerava.